Ses premiers pas…

C’était le 20 mars 2012.   Nous avons reçu un “toutes-boîtes”, il y a une réunion d’information publique à la salle Saint-Hilaire, à Temploux.   La salle peut accueillir 200 personnes, elle est pleine à craquer.

Une société peu connue chez nous, Electrawinds, vient présenter un projet de construction de 7 éoliennes dans les environs de Temploux.   Au début, on les écoute poliment, mais quand les cartes arrivent, nous constatons que les éoliennes sont implantées tout près de l’aérodrome de Temploux.

A ce moment-là, la réunion s’anime : il ne faut pas être pilote ou parachutiste pour comprendre qu’une éolienne à côté de l’aérodrome, cela pose problème.   Si vous n’avez jamais assisté à une réunion à Temploux, vous pouvez difficilement imaginer, mais “cela chauffe” : questions, commentaires enflammés, presque des insultes parfois….

Dans la confusion, il apparaît que le bureau d’études chargé du projet ne savait pas qu’il y avait un aérodrome à Temploux ou, en tout cas, n’avait pas tenu compte de l’aérodrome.   Pourtant habitués à des réunions difficiles, les promoteurs sont tout de même désarçonnés.   Chez les participants, l’impression générale est qu’ils n’y arriveront jamais.

En fin de réunion, nous sommes quelques Temploutois, dont Hubert Sauvage et Jean Mangez, à commenter la réunion autour d’un verre.   “Dommage qu’ils n’aient pas consulté quelqu’un d’ici, on leur aurait expliqué !”.   “Une éolienne, c’est pourtant utile, c’est de l’énergie renouvelable.”   “Et si on en faisait une nous-mêmes ?”   L’idée est lancée.

C’est Hubert qui invite ses “potes” pour une première réunion de réflexion le 7 juin 2012 : 25 personnes à la buvette du foot.   Un “groupe de pilotage” va étudier la faisabilité, ce sera une “éolienne citoyenne”, cela sonne bien, mais nous avons tout à apprendre !

Les réunions de réflexion se suivent : 11 juillet 2012, 8 août, 12 septembre, 25 octobre, 29 novembre, 9 janvier 2013…   Les étapes s’éclaircissent :

  1. Il faut un terrain (accord avec le propriétaire).
  2. Il faut demander un permis, cela coûte.
  3. Il faut un plan financier et rassembler des fonds.

Après cela, longue période sans réunion, Jean Mangez négocie avec les propriétaires du terrain retenu.   Ils sont plusieurs propriétaires, certains à l’étranger, puis des courrriers se perdent, on les réexpédie….   Début juillet 2013, accord de principe des propriétaires.

Nouvelles réunions le 7 juillet, le 16 juillet, le 25 juillet.   C’est décidé, on se lance.   Dix “fondateurs” sont d’accord d’investir € 1.000,- chacun pour créer une société coopérative, elle est baptisée EOLE-LIEN.   Le 26 septembre 2013, on passe chez le notaire, la société coopérative existe.

Et le 30 septembre 2013, première “réunion publique”, avec invitation générale dans le Temploux-Infos : nous cherchons des coopérateurs, donc il faut communiquer, il faut convaincre, on parle environnement, lien social, plan financier.   C’est nettement plus calme et plus constructif que la réunion Electrawinds.  

Les premiers coopérateurs s’inscrivent et paient leur(s) part(s) de coopérateur.   En novembre 2013, nous sommes 22 coopérateurs, en janvier 2014, 54 coopérateurs, en juin 75 coopérateurs.

Les “réunions de réflexion” sont devenus des Conseils d’Administration de la société coopérative EOLE-LIEN, qui se réunit environ une fois par mois.   On examine les comptes, on fait un rapport de chaque réunion.

Mais l’essentiel reste le projet : où reste notre éolienne citoyenne ?